Beaucoup est dit ici à propos du ” French paradox” alors que, finalement, les australiens ont aussi leur paradoxe bien à eux. Pour commencer je me sens obliger de répondre à votre question “mais qu’est ce que c’est que ce French paradox ?”
Le french paradox fait référence au fait que les français ont très peu de maladie du coeur malgré leur régime en graisses saturées. Ce qui signifie que nous sommes en bonne santée tout en mangeant énormément de viande, beurre, crème et fromages. “Enormément” car selon wikipedia, nous consommons 108 grammes de gras par jour alors que les américains n’en consomment que 72. La raison avancée pour expliquer ce paradoxe serait que notre consommation de vin annulerait l’abus de graisse et maintiendrait notre poids. En résumé, nous mangeons plein de gras mais en buvant beaucoup de vin nous assurons l’équilibre.
Pour en revenir à l’Australie, le paradoxe en question n’est absolument pas culinaire. Ce qui serait difficile ! Les spécialités australiennes étant les meat pies (tarte à la viande) anglaises, les schnitzel (poulet ou veau pané) allemands, le tandoori (poulet) indien et les pastas italiennes. En fait le paradoxe ne tient pas de la gastronomie australienne mais concerne son marché du travail!
Je m’explique: L’Australie a un taux de chomage stagnant à 4% depuis quelques mois et une enquête récente a révélé que 87% des chefs d’entreprises australiens ne pouvaient pas recruter car ils ne trouvaient pas de candidats. De son coté le Département de l’immigration est même en train de faciliter les démarches pour les entreprises souhaitant sponsoriser des travailleurs étrangers (Attention, le nombre de visa attribué a été divisé par 2 depuis mi 2008). Et nous arrivons au paradoxe: malgré toutes ces raisons, il est toujours difficile de trouver un emploi ici en tant que migrant. L’état australien cherche à séduire les cerveaux étrangers et pourtant les entreprises australiennes ne souhaitent pas recruter de candidats n’ayant pas au préalable d’expérience an Australie.
Nous nous retrouvons à la situation française ou les jeunes diplômés se heurtent à la volonté des entreprises de recruter des personnes avec expérience sans chercher à offrir cette expérience. Enfin si en fait…mais sous forme de stage non réuménérés et de boulots précaires. Et nous nous retrouvons en Australie, la seule façon d’avoir une première expérience en Australie est d’accepter un emploi non rémunéré en échange de cette première expérience.
Je reçois régulièrement des CV ou des demandes d’informations de français souhaitant s’installer ici (5 par semaines en ce moment, à croire que tout le monde souhaite quitter le pays; Les choses vont elles si mal?) et une question revient sans arrêt: Puis-je envoyer mon CV de France? La réponse est très simple: NON. a moins que vous disposiez d’une expérience de plusieurs années en Angleterre ou aux Etats-Unis (mais bon, rien ne vaut l’expérience ici) avec un emploi très précis et très recherché (voir la liste MODL de www.immi.gov.au) ça ne sert à rien d’envoyer son CV de France. Il faut être ici pour que vous puissiez être vu, touché, essayé, etc.
En fait les français sont connus pour leur arrogance et leur grèves par ici, pas parce qu’ils seraient « les meilleurs du monde . Vous êtes français, donc immigré. S’appeler Jean-Paul Dubois en Australie revient à s’appeller Mohamed Zerkaoui, ou Warclav Prescovitz en France. Où vous avez un diplome recherché avec une expérience incroyable dans une entreprise multinationale connue Dowunder (Accenture, Accor, Mercer,etc.) ou vous êtes acteur.
Il faut faire ses preuves et être prêt à se remettre en question pour recommencer de zéro. La seule différence étant que votre progression sera exponentielle et qu’une fois vos preuves faites sur 1 ou 2 ans vous serez à un niveau d’emploi supérieur que si vous étiez resté en France.
Autre paradoxe lié à cette situation est le comportement des cabinets de recrutement locaux. Les tiroirs de talent sont vides, pourtant les recruteurs continuent de comparer la description de fonction données par leurs clients et les CV de leurs candidats en cherchant la perle rare qui a exactement l’expérience recherchée dans un secteur précis. Très peu ont commencé à réfléchir en terme de “potentiel”. Cette façon désormais archaïque de recruter rallonge considérablement les délais de recrutement. Il serait tellement plus simple de prendre en compte le potentiel et… de faire confiance aux professionnels, même s’ils sont… français?-